POUR RÉUSSIR, APPRENONS À ÉCHOUER (OU COMMENT CHANGER DE MINDSET?)

 

Longtemps, je me suis assurée de ne surtout rien entreprendre, pour être ainsi bien certaine de ne pas m’aventurer à échouer… Autant dire que ces années de ma vie n’ont été ni des plus productives, ni valorisantes. Car dans notre cocon, la routine, c’est souvent fort douillet et confortable mais malheureusement rien ne s’y passe ; et surtout, on y reste à l’étroit, sans pour autant s’autoriser à en sortir, à dépasser les bords pour grandir et se déployer…

Pourtant, il est acquis et désormais notoire que dès que l’on se risque à faire un pas hors de sa « zone de confort », on récolte assez vite les fruits de cette hardiesse. Car l’on entre ainsi dans une zone dite d’apprentissage, de découverte et donc de croissance où l’on peut finalement se répandre, prendre de l’épaisseur ; pas tant en termes de kilos ou de gras superflu, non, mais en terme de « puissance », fort du simple fait d’avoir aspiré à prendre plus de place, fort d’avoir découvert toute l’étendue de notre potentiel… Et il nous aura simplement suffit de nous mettre un peu « en danger.

Mais quel est donc ce danger si terrifiant au point que l’Homme craigne le changement quand il devrait le bénir ? Quand on y regarde d’un peu plus près, qu’y a-t-il de si effrayant dans l’idée d’échouer au point qu’on veuille à tout prix l’éviter ? Et qu’est-ce que l’échec sinon le sens qu’on lui donne ?

Selon le Larousse, l’échec est le résultat négatif d’une initiative, le fait de ne pas obtenir ce que l’on en attendait. Comme il semble vain d’entreprendre quoique ce soit sans espérer réussir, cette espérance étant bien ce qui motive l’action per se, c’est donc plutôt sur la façon dont on perçoit l’échec qu’il faut travailler.

Qu’y a t-il de si « grave » dans la perspective de « rater » au point qu’on ne veuille plus rien entreprendre et qu’on arrête d’essayer ? Qu’est-ce que nous mettons en jeu à chaque action potentiellement infructueuse ou « à côté » ? Quels sont les risques encourus ? Qu’est-ce que nous perdons sinon notre honneur, notre réputation dont en vérité, personne n’a que faire sauf notre égo qui se fait lui seul le héros et le spectateur de ce film-catastrophe ? Car à part lui qui se prend un poil trop au sérieux, personne n’est vraiment là à nous regarder faire, en attendant la chute… si ce n’est notre propre mental, peut-être le seul du moins, le pire de nos détracteurs.

 

LA VIE N’EST PAS AUSSI SÉRIEUSE QUE L’ESPRIT LE PRÉTEND.            Eckhart Tolle

Alors, comment apaiser ce dernier et l’inviter à relativiser ce souci du résultat ? L’important au fond, n’est pas d’éviter l’échec mais bien de changer le regard que l’on porte sur soi en embrassant nos faux-pas et en nous congratulant pour notre audace plutôt qu’en nous blâmant de nous être autant exposé ou d’avoir voulu essayer, d’avoir espéré…

Observons notre mental à l’oeuvre. Demandons-nous, quand on échoue, qu’est-ce que l’échec dit de nous selon lui, quelles sont les pensées que cela nourrit et qu’est-ce que cela nous fait ressentir ? Quel est l’enjeu, en vérité ? Y a-t-il un échec passé, une expérience traumatisante que nous rejouons sans arrêt ? Ne serait-il pas l’heure de se dire que l’eau a coulé sous les ponts et qu’il est temps de se pardonner ?

Observons ces pensées polluantes et transformons ce narratif peu encourageant. Comment le formuler positivement ? Puisqu’il est admis que nous apprenons de nos erreurs, comment voir la situation comme une opportunité ?  En voyant désormais, chaque initiative comme une leçon potentielle, une expérience, non seulement on rend banal le passage à l’action au point de le rechercher, arrêtant de penser que l’on joue sa vie à chaque essai, mais on commence surtout à comprendre que c’est bien notre mindset qui nous aide à le transformer.

 

Entrainons-nous donc à échouer au point de nous en amuser, au point d’être excité et avide de trouver la prochaine occasion d’expérimenter, au point de nous bluffer, content d’avoir eu du cran. Car en vérité, il n’y a personne d’autre à épater…

Ce qui se produit « en coulisses » , c’est que très vite, on modifie ce que le psychologue Albert Bandura a nommé le sentiment d’efficacité personnelle, soit la perception que l’on entretient quant à notre capacité à entreprendre des choses nouvelles et à les réussir. Et comme ainsi, la foi en nos capacités évolue, alors, on échoue de moins en moins…

Progressivement, l’action se suffit à elle-même comme un levier d’épanouissement qu’elle active, quelque soit le résultat de ce que l’on entreprend. Car elle nous aura mise sur la voie de la réconciliation, elle nous aura simplement aidé à trouver ce pouvoir qui sommeillait en nous et qui nous autorise désormais à exprimer toute notre vérité…

 

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